À Grenoble INP, des frais pouvant aller jusqu’à 6 000 euros sont de nouveau sur la table
Après les universités, une vingtaine d’écoles d’ingénieurs sont touchées par la mobilisation, entre blocages, assemblées générales et débats sur la modulation.
En bref
- Une vingtaine d’écoles d’ingénieurs se sont mobilisées, selon L’Étudiant.
- L’INSA Lyon et l’UT de Compiègne ont connu des blocages partiels.
- À Grenoble INP, des frais pouvant atteindre 6 000 euros sont évoqués.
- Le collectif Ingé·e·s sans frais veut renforcer la coordination nationale.
Les élèves ingénieurs refusent une éventuelle hausse de leurs frais d’inscription et s’engagent dans le mouvement étudiant, après les universités. Ils redoutent un renchérissement de leurs études dans les écoles publiques, un sujet qui touche directement les futurs inscrits des prochaines rentrées, comme le rapporte L’Étudiant.
Des blocages dans une vingtaine d’écoles
Après l’INSA Strasbourg, au début de la semaine concernée, les étudiants de l’INSA Lyon et de l’Université de technologie de Compiègne ont à leur tour bloqué partiellement l’accès à leur établissement. Au total, une vingtaine d’écoles d’ingénieurs se sont désormais mobilisées.
Ces élèves soutiennent les lycéens, mais défendent aussi leurs propres revendications, au premier rang desquelles le refus d’une évolution des frais dans les écoles d’ingénieurs publiques. Esteban, membre du collectif Ingé·e·s sans frais, avance : « Aujourd’hui, les écoles d’ingénieurs sont les premiers endroits où l’on va vouloir mettre en place une hausse des frais ». Il s’agit de son analyse, non d’un constat établi.

Ce qui a déjà changé, ce qui se prépare
| Établissement ou groupe | Situation |
|---|---|
| Groupe IMT | Frais relevés à la rentrée 2026 |
| Écoles Centrale | Frais différenciés instaurés à la rentrée 2026 |
| Groupe INSA | Discussion sur des frais différenciés, modulés selon les revenus des familles |
À l’INSA Lyon, David, étudiant élu au conseil d’administration, rejette toute augmentation : « Tout simplement, on s’oppose à toute augmentation, y compris les frais différenciés, un étudiant n’est pas solvable, c’est conditionné au fait que ses parents l’aident ». Le directeur de l’école, Frédéric Fotiadu, défend de son côté « un modèle à la fois redistributif et solidaire, qui permettrait de soutenir des actions en faveur des élèves les moins favorisés ». Il assure aussi que « toute évolution devra être coconstruite avec les élèves pour qu’ils comprennent et adhèrent à la démarche ».
Grenoble INP, un dossier qui revient
À Grenoble INP, UGA, l’idée d’une modulation des frais est revenue sur la table. Selon l’organisation des étudiants ingénieurs, la direction voudrait précipiter la mise en place pour 2027, avant la fin de son mandat. La proposition avait déjà provoqué une mobilisation l’an dernier.
Loup, étudiant élu au conseil d’administration, explique : « Cette proposition vient du fait que les écoles sont en déficit budgétaire. Il y a un équilibre financier à trouver. » Il ignore si le dispositif s’appliquerait en 2027 ou en 2028. La discussion doit être relancée cette semaine au conseil d’administration. Il craint qu’une hausse ne rende les écoles encore plus élitistes. Une pétition circule pour réclamer le maintien du système actuel, et des assemblées générales sont prévues dans des écoles dispersées dans l’agglomération grenobloise.
Une mobilisation qui cherche à s’organiser
- Au niveau national, le collectif Ingé·e·s sans frais veut renforcer la coordination entre étudiants, estimant que la hausse risque d’accroître les inégalités d’accès aux études.
- À l’INSA Lyon, des assemblées générales se tiennent tous les soirs sur le campus, selon David : tout est discuté la veille pour le lendemain.
- Prolonger le mouvement dans les prochains jours reste incertain, souligne le même étudiant.
Photo : George Pak / Pexels
