Un lycéen de Tours, vice-champion du monde de roller-derby, prépare son bac sans aménagement
À Tours, un lycéen de terminale partage ses soirées de coaching, ses trajets de révision et ses absences planifiées, faute d’horaires adaptés pour son sport.
En bref
- Benjamin est en terminale au lycée Balzac de Tours et passera les épreuves du bac en juin.
- Le roller-derby n’est pas reconnu comme sport de haut niveau : aucun aménagement de scolarité.
- Il vise la Coupe du monde junior en Écosse en juillet 2027.
Patins aux pieds le mardi et le vendredi, cours le reste de la semaine : Benjamin, lycéen en terminale à Tours, prépare le bac tout en poursuivant une carrière sportive, comme le raconte L’Étudiant.
Un lycéen de Tours devenu vice-champion du monde
Benjamin suit les cours du lycée Balzac, avec les spécialités HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques) et AMC. Le roller-derby fait partie de sa vie depuis 2018, ce qui représente huit années de pratique. Sous le maillot de l’équipe de France junior, il est monté deux fois sur la deuxième marche du podium mondial : à Valence en 2023, puis à Brisbane, en Australie, en 2025.
Cette discipline collective, avec contacts, se joue en patins à roulettes sur une piste : un attaquant gagne des points à chaque tour bouclé, tandis que les défenseurs adverses tentent de l’en empêcher. À la Coupe du monde 2025, l’équipe de France féminine a terminé quatrième, et la sélection masculine a été sacrée championne du monde en 2026.
Une semaine rythmée par les entraînements
L’agenda de Benjamin est dense. Cette année, il a été surclassé : il évolue avec les Track’Ass, l’équipe open mixte de Tours, en division élite du championnat de France.
| Moment | Activité |
|---|---|
| Mardi et vendredi | Entraînements de roller-derby |
| Jeudi soir | Coaching de l’équipe féminine |
| Samedi matin | Aide à l’encadrement des juniors |
| Vacances | Entraînements |
Il le résume ainsi : « Je fais aussi du coaching pour l’équipe féminine le jeudi soir et j’aide à l’encadrement des juniors le samedi matin ».
Des études sans statut de haut niveau
Comme le roller-derby n’a pas, pour l’instant, la reconnaissance de sport de haut niveau, Benjamin n’a droit ni à des horaires adaptés, ni à un étalement du cursus, ni à l’enseignement à distance. Il organise donc seul son année. Les compétitions l’obligent parfois à manquer des cours, des absences couvertes par ses convocations en équipe de France.
Voici comment il gère le retard : « Mes absences sont justifiées par les convocations en équipe de France. Je les planifie en avance pour rattraper les cours. Mes profs sont assez compréhensifs. »
Les révisions se glissent entre deux obligations. Benjamin explique : « Je travaille dès que j’ai un moment et pendant les déplacements, je profite du trajet pour réviser mes fiches ou écouter des podcasts ». Et il décrit son équilibre en ces termes : « Allier sport et études est compliqué. Parfois, il faut faire des sacrifices sur la vie sociale. Mais je commence à être habitué. Je gère mon emploi du temps et pour le moment, je m’en sors ».
Les épreuves finales du bac auront lieu en juin, et il aborde l’échéance plutôt sereinement. Il a regardé le programme de ses deux spécialités, dont les sujets l’intéressent, et son contrôle continu de première était assez bon. Il espère qu’il en ira de même en terminale.
Deux échéances et un projet dans le sport
- Épreuves finales du bac.
- Coupe du monde junior en Écosse, où il doit se rendre.
Plus tard, Benjamin veut réunir métier et passion : il envisage de travailler dans le sport, côté management, organisation d’événements ou journalisme.
Ses enseignants, rapporte-t-il, sont même plutôt contents d’avoir parmi leurs élèves un vice-champion du monde.
Photo : Andy Barbour / Pexels
